Je trouve ce début d'année 2008 relativement vide. Peu (ou pas) de grands albums, de grandes découvertes musicales, etc. Il faut dire qu'en comparaison avec l'année dernière, 2008 aura du mal à faire mieux.
Bref, qu'en est-il du rock ?
Rien de nouveau, mais The Do a fait un très joli album, peut-être pas assez énergique pas moment, mais forts de très beaux titres (le plus qu'omniprésent On My Shoulders, The Bridge Is Broken, Stay Just A Little Bit More...).
Après trois ans de fainéantise, The Kills revient enfin avec un album plus electro, plus musclé que le relativement blues No Wow. Midnight Boom illustre parfaitement l'alchimie exceptionnelle du duo (voir chronique de concert plus loin). On retient tout particulièrement les excellents titres Cheap And Cheerful, Hook And Line, URA Fever, Last Day Of Magic, et la magnifique chanson un brin mélancolique Black Balloon.
Du côté des rééditions, on salue la masterisation du chef-d'oeuvre du groupe des années soixantes The Zombies. Un article retraçant l'echec total de ce disque sublime est d'ailleurs publié dans le rock'n'folk du mois dernier.
Reste que ce Odessey And Oracle est un magnifique disque très nostalgique, aux mélodies simples mais tellement prenantes, aux choeurs typiquement sixties, à une orchestration magistrale.
Et par pitié, qu'on arrête de me dire "tiens, ça fait vachement sixites ça" ou "les Zombies, ouais, sympa, mais je trouve que c'est vraiment trop un rassemblage de gimmicks des années soixantes". Le groupe EST des années soixantes !!!
Du côté de nos voisins français, les très talentueux Coming Soon ont enfin sortit leur album "New Grids". Très américain, assez folk, un peu blues, le disque charme dès la première écoute.
Ne vous fiez pas au tout premier single du groupe "The Escort", totalement étrangé au style de l'album, il n'est d'ailleurs pas repris dans celui-ci. Par contre, le très bon second simple du groupe "Big Boy" représente dignement ce disque.
Nettement plus electro, les Frenchies de ALB livrent un album très rétro, ou les sons electronique s'entrecroisent avec la pop, pour finir en mélopée mélancolique.
Passons aux lives :
Il y a quelques semaines, les très jeunes Bukowskis ouvraient à l'Usine de Genève pour les Anglais d'Art Brut.
Malgré quelques ennuis de dernières minutes, le groupe a su livrer ses chansons très abouties et très efficaces. La force du groupe réside sans doute dans le mélange des compositeurs et des voix, des trois guitares entremélées, de l'énergie et du plaisir d'être sur scène communicatifs. Les disputes récurentes du groupe leur permetteraient-elles aux artistes de composer de meilleures chansons ? Le set, plutôt brillament joué, a malgré tout souffert de quelques remarques stupides, et de certaines chansons plus calmes qui ont brisé l'élan du concert.
C'est ensuite les Anglais d'Art Brut qui débarquent sur scène. Probablement intimidés par autant de personalité, la moitié de la salle se vide (précisons qu'elle était remplie à la première parties de TRES jeunes filles vêtues d'une veste en cuir Zara et de slims, venues s'encanailler à l'Usine avec leur look rock attitude pour encourager leurs petits copains, avant d'aller se rassurer en boîte de nuit...)
Malheureusement, le groupe ne séduit que peu d'auditeurs. L'absence récurrente de mélodie lasse relativement vite, malgré l'énorme énergie du groupe.
Hier soir, au Fri-Son de Fribourg, c'était les Suisses de Solange La Frange qui ouvrait pour les Kills. La salle, déjà comblée, se transforme rapidement en dance floor à l'écoute de titres electro du trio. Extrêmement énergique, le groupe jouent leurs morceaux transcendants tels que Reykjavik, Secret Of The Zombie, Sexy Back de Justin Timberlake etc.
C'est ensuite au Kills de reprendre un public très motivé. Le duo ouvrent avec URA Fever de leur dernier album. La couleur est déjà annoncé. Le concert sera très fort, mais très sombre. Le son est intense, et malgré un nombre d'instrument très limité (une à deux guitares, une boite à rythme, et voix), le groupe livre un son extrêmement puissant. Intercallant leurs anciens titres au nouveau (No Wow très intense, Fried My Little Brains...). La chanteuse VV joue son rôle, reste très distante avec son public, mais esquisse quand même quelques faibles sourires. Hotel, lui, se démène comme une bête de scène, visant la salle avec le manche de sa guitare, telle une arme. Visuellement, il est de face, elle est de profil. Elle guette son approbation, son regard, cherche son attention à tout prix. Ils placent finalement leurs micros l'un enface de l'autre, pour chanter en se regardant. Ils partagent parfois le même micro, et l'alchimie sensuelle entre les deux parties du duo n'est que plus intense.
Le public, déjà charmé, se laisse porter par le magnifique Last Day Of Magic où la voix de la chanteuse est époustouflante, et après avoir avoir été conquis sur The Good Ones, entre en transe sur Cheap And Cheerful.