Paris, tout est beau à Paris.
On atterrit le vendredi après-midi d'un ciel bleu azur, sous une chaleur cuisante. Je suis déjà charmée par l'amabilité légendaire des taxis parisiens, puisque trois d'entre eux refusent la course "j'sais pas où c'est vot' hotel, moi." On tombe finalement sur un brave homme, capable de nous poser à l'hôtel pour ensuite nous emmener au Zénith.
L'aéroport étant excentré, on se rend compte qu'on est dans la capitale française au moment des premiers bouchons.
Une fois sur place, peu avant l'ouverture des portes, il y a déjà une tripotée de gamins pré pubères über lookés, en slim Cheap Monday ou April 77, et t-shirts faussement vintages. Tout le monde s'observe à travers les aviators ou les mouches, et cherche peut-être à entrapercevoir un bout de Naast, ou de Plastiscines.
Des rumeurs de Dirty Pretty Things pour la première partie, mais on voit débouler 4 quadras, guitares pendouillantes autour du cou, saluant le public tels des champions du monde, qui le lui rend bien, puisque que le public étant très jeune est peu exigeant.
Eagles Of Death Metal.
Déjà le nom n'annonçait rien de bon, mais en plus de leur look démentiel, la musique est extrêmement mauvaise. Le groupe cumule les clichés de la "rockstar" et un mauvais goût très sûr
.
Le chanteur, ayant joyeusement dépassé la barre de 45 ans, aviators vissées sur les ailes du nez, moustache, t-shirt moulant hard rock, slim et santiags, est certain que c'est lui que le public est venu applaudir, tant il cumule les mimiques grotesques, poings levés et jeu de jambes ridicule au moindre "solo". On lui trouvera facilement un air de Freddy Mercury, mais je pencherai plutôt le gros dur des Village People.
Quant à son acolyte le second guitariste, c'est un quinqua gros ET chauve, (si on fait abstraction de la minuscule crête iroquoise qui surplombe son crâne luisant) qui porte également des lunettes fumées, et qui bouge également de manière grotesque, prenant sa flying V à la vertical pour jouer.
Le bassiste, lui, les cheveux longs et gras, penché sur son instrument, joue d'une manière tellement monotone qu'il semble réclamer une assistance au suicide.
Et le batteur... Sans doute le plus jeune des quatre, donc 30 ans, les cheveux blonds décolorés, mèches au vent (un ventilateur est à sa droite), qui tape sur ses futs, tout droit tiré d'un boys band californien.
Excessivement drôle si on le prend au second degré donc. Ils feraient une chorégraphie et entonneraient YMCA que ça n'étonnerait personne.
Pour en revenir au niveau musical, bien que leur nom nous ferait attendre du death metal, c'est du hard rock de mauvaise qualité que le groupe joue, avec un mauvais son, de piètres musiciens, une disto tellement forte que ce n'est qu'un grésillement sonore que nos oreilles entendent, et non pas les prouesses guitaristiques des messieurs. Une batterie et une basse beaucoup trop présentes, qui couvrent la voix (on ne perd rien) du chanteur, ajoutés à des paroles existentielles telles que "so easy" (répété 427 fois en un titre). Tout cela agrémenté de mimiques ridicules de "rockstar" hardeuse.
Après le dernier morceau (alors rejoint par Fab Moretti à la batterie), notre rockstar de chanteur arrachera virilement son t-shirt a paillettes.
Le groupe aura au moins le mérite de m'avoir faite rire pendant 3/4 d'heure.
Un vingtaine de minutes plus tard, sous les cris de réclamation des fans, The Strokes arrivent et commencent immédiatement un juicebox un peu faiblard. Comme le reste de la première partie du concert d'ailleurs. Le groupe enchaîne les tubes, mais ne leur donne pas la puissance méritée. Heart In A Cage est elle aussi décevante, et le retour du public se fait sentir. C'est à partir du septième titre, Alone Together que le concert prend réellement de l'ampleur. Et à partir ce titre, la puissance du groupe va crescendo. Et le public le rend bien.
Nikolai prend de l'assurance, n'étant plus aussi réservé qu'à ses débuts et ne se cachant plus derrière l'immense Nick Valensi (tout les sens du terme).
Le quintet maîtrise bien mieux ses nouveaux morceaux, et la set list, beaucoup plus fournie en "First Impressions..." qu'en "Is This It ?" (Contrairement à leur précédent concert à Nottingham, cf. pages plus loin).
Une set list parfaite.
Le groupe se déchaîne, Fab' martelant ses futs comme un forcené, Valensi et Hammond Jr. se répondent, et s'éclatent sur leurs guitares respectives, Nikolai hyper concentré sur sa basse, et Jul' puise au fond de ses tripes pour chanter, jusqu'à s'en casser la voix.
Le moment le plus fort est sans doute les quatre derniers titres, soit Vision Of Division lié à Reptilia, deux morceaux énormes pour chacun des instruments, Julian se brise la voix sur "how long must i wait ?", les solos énormes, puis le rappel avec "NYC Cops" et "Take It Or Leave It".
Seul point négatif, un light show horrible, très "The Killers" qui éblouit le spectateur et ne met pas en valeur le groupe. En Angleterre il avait le mérite de jouer sur l'effet ombres chinoises des musiciens, donc de mettre en avant la musique et non pas tel ou tel. Et là, au moindre solo, les projecteurs sont braqués sur Albert ou Nick. Dommage.
Mais le concert reste exceptionnel, de par sa set list absolument impeccable, de la pêche que les cinq génies ont mis dans leurs titres, et par la maîtrise par laquelle ils jouent, en s'amusant.
Set List :
1. Juiceb0x
2. The End Has No End
3. Red Light
4. The Modern Age
5. Heart In A Cage
6. 12:51
7. Alone, Together
8. Electricity Scape
9. Is This It?
10. Ize Of The World
11. Someday
12. You Only Live Once
13. Trying Your Luck
14. Hawaii
15. Last Nite
16. Hard To Explain
17. Ask Me Anything
18. Vision Of Division
19. Reptilia
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20. NYC Cops
21. Take It Or Leave It